Historique

L'intérêt de l'Université Saint-Louis pour les questions régionales, et bruxelloises en particulier, n'est pas neuf. Alors que la décision de créer les Régions wallonne et flamande venait d'être prise et que la solution à la « problématique bruxelloise » restait à trouver, Saint-Louis organisait, le 28 mai 1980, un colloque consacré aux aspects économiques et institutionnels de l'avenir de Bruxelles (actes publiés à Saint-Louis). Dans la foulée de ce colloque fut créé, au sein de l'Université Saint-Louis, un Centre d'études interdisciplinaires de la région bruxelloise, sous la direction d'A.-M. Kumps, R. Wtterwulghe et F. Delpérée, professeurs à l'Université catholique de Louvain (UCL) et à Saint-Louis. Ce Centre, qui recevra dès 1982-83 son appellation définitive de Centre d'études régionales bruxelloises (CERB), avait pour objet « l'analyse et l'étude de la problématique de la régionalisation dans le cadre spécifique de la région de Bruxelles ». Son but était « de dégager à travers une recherche interdisciplinaire les perspectives de développement et de rénovation de cette région tant dans le cadre national que dans celui de la Communauté économique européenne ». Bien avant la création de la Région de Bruxelles-Capitale en 1989, la recherche à Saint-Louis jouait donc un rôle précurseur en prenant au sérieux le fait régional bruxellois.

Depuis lors, le CERB mène, seul ou en collaboration, un nombre considérable de recherches sur Bruxelles, principalement sous l'angle économique. C'est ainsi qu'il a poursuivi le développement d'une série d' « indicateurs statistiques bruxellois » et a mené des études sur le financement de Bruxelles et la fiscalité régionale, devenues aujourd'hui des références en la matière.

En 2000, l'Université Saint-Louis définit ses « missions et objectifs », parmi lesquelles la volonté de « soutenir une politique visant à poursuivre le développement [...] de centres de recherche ainsi qu'à constituer un ou plusieurs réseaux d'excellence interdisciplinaires composés de différents centres de recherche ». Elle affirma également son intention de « valoriser [...] sa situation à Bruxelles, capitale européenne, capitale de la Belgique et de ses deux principales communautés, région bilingue et ville multiculturelle ».

Dans la foulée, fut fondé le Réseau interdisciplinaire de recherche sur Bruxelles (RIB), présidé par Jean-Paul Lambert et dirigé par Michel Hubert. L'idée était de fédérer l'activité des centres de recherche et des chercheurs des Facultés travaillant sur la problématique régionale bruxelloise et de mettre les scientifiques au service de leur région.

Dès le départ, il fut précisé que le RIB n'avait pas vocation à faire concurrence ou à mettre sous tutelle les centres de recherche existants. Il devait plutôt se concevoir comme un lieu d' 'interface' entre divers centres de recherche et chercheurs.

En 2000 et 2002, des réunions de recherche internes furent organisées pour prendre connaissance des recherches en cours des membres du RIB. A partir de cet aperçu, il fut décidé de mettre sur pied un groupe de travail interdisciplinaire pour traiter de la crise du logement à Bruxelles. Ce travail aboutit à l'organisation d'une journée d'étude le 23 avril 2004, en collaboration avec le Rassemblement bruxellois pour le droit à l'habitat (RBDH) (actes publiés aux Éditions Bruylant).

A partir de 2005, un séminaire fut organisé autour du concept de « proximité » dans la perspective d'une introduction réciproque à la syntaxe des différentes disciplines collaborant au sein du RIB, ce de manière à faciliter la mise sur pied de projets communs. Le séminaire sur la proximité a trouvé une première concrétisation dans la constitution du « Groep Levier » (http://www.fusl.ac.be/gl) dont le travail porte sur l'analyse des « schémas directeurs » comme nouvel outil d'action publique à Bruxelles. Ce groupe de travail, créé à l'initiative du RIB, réu réunit, d’une part, des chercheurs issus de diverses universités (Saint-Louis, ULB, VUB, UCL, KUL, FUCaM) et écoles d’architecture (La Cambre, Sint-Lukas) et, d’autre part, des « acteurs associatifs » (Bral, IEB). Ce travail déboucha notamment, début 2009, sur une publication dans Les Cahiers de La Cambre Architecture et l’organisation, le 4 mai 2009, d’un colloque.

En 2006, le RIB a été chargé par la Région de Bruxelles-Capitale de mettre sur pied une revue scientifique électronique destinée à diffuser les recherches sur Bruxelles (http://www.brusselsstudies.be). Cette revue, interdisciplinaire et interuniversitaire, suscite un intérêt croissant tant dans la communauté scientifique que dans le large public.

Enfin, dans le contexte de la constitution d’une université unique dans le prolongement de l’Académie universitaire « Louvain », l'Université Saint-Louis a décidé de créer en son sein trois Instituts de recherche : le premier dans le domaine des études européennes (l’Institut d’études européennes - IEE), le deuxième pour renforcer et élargir la pratique de l’interdisciplinarité en général (Institut de Recherches Société et Interdisciplinarité – IRSI) et le troisième pour appliquer cette pratique à la problématique régionale bruxelloise et pour accroître encore l’implication de l'Université dans sa région (l’Institut de recherches interdiciplinaires sur Bruxelles - IRIB). Ce dernier remplaça le RIB en 2008 dans la tâche de coordonner la recherche sur Bruxelles.

Comme on le voit, la recherche interdisciplinaire sur Bruxelles peut s’appuyer sur une longue expérience de travail en réseau au sein et à l’extérieur de Saint-Louis. A cet égard, il est important de signaler la collaboration qui existe depuis la fin des années 1990 entre Saint-Louis et le Centrum voor de interdisciplinaire studie van Brussel (VUB) devenu le Brussels Informatie, Documentatie- en Onderzoekscentrum (Brio). Cette collaboration s’est concrétisée notamment dans l’organisation de plusieurs colloques importants sur Bruxelles et son statut (1998), les communes bruxelloises et le modèle bruxellois (2002) et Bruxelles et l’Europe (2006).

Plus récemment, l’IRIB a pris une part active dans les Etats généraux de Bruxelles, où en collaboration en particulier avec l’Université libre de Bruxelles (ULB) et la Vrije Universiteit Brussel (VUB), il a coordonné et participé à la rédaction de seize notes de synthèse scientifiques publiées par Brussels Studies.